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  • 19. Dauphin Lettre 2
  • 20. Comptine Léopold
  • 21. Le Catafalque
  • 22. Dernier repas
  • 23. Nannerl brûle ses partitions
  • 24. Générique de fin


Le film de René Féret, "Nannerl la soeur de Mozart", ne peut évoquer ce personnage sans faire apparaître l'environnement musical de cette époque. Bien sûr que Philippe-Emmanuel Bach, Jean-Chrétien Bach et bien d'autres sont présents mais, avant tout, on se pose des questions sur la part créative de Nannerl, jeune fille claveciniste, violoniste, et chanteuse. Ayant reçu l'enseignement de son père Léopold, comme son frère Wolfgang, elle était, elle aussi, aux premières loges pour apprendre la composition.

L'intérêt musical, au sein de ce film , n'est pas axé sur l'authenticité ni la reconstitution parfaite des musiques de l'époque, car il ne s'agit pas d'un travail d'archives documenté à outrance. Mais il porte essentiellement sur l'inspiration que suscite Nannerl par sa maturité, sa sensibilité, ses frustrations de femme, ses élans amoureux, etc...

On ose imaginer que Nannerl aurait déjoué les cadres musicaux de l'époque en s'y référant mais en exprimant son imagination, ses sentiments, sa fantaisie… autant d'interdits pour l'époque.

Tout alors aurait été possible : destructurer un concerto, anticiper la marche du temps musical, dans un respect absolu de ses maîtres musicaux, mais sans pour autant avoir de comptes à rendre à l'un d'eux, puisque mise en "touche" malgré elle .

La crédibilité musicale est dûe en partie au respect de la tradition, celle qu'elle connaît, celle qu'elle devine, celle qu'elle détourne pour se libérer de sa propre histoire familiale, psychologique mais aussi personnelle.

Du baroque, à la tradition classique, au romantisme, Nannerl semblerait vouloir s'exprimer librement, seul chemin possible...puisque son propre combat est perdu d'avance!! L'enregistrement de cette musique se fait en deux fois. La première, sous forme de maquettage pour permettre aux séquences du tournage d'être synchronisées avec le jeu des acteurs.

La deuxième partie se fait en studio, avec l'ensemble des musiciens qui ont joué ces partitions, un orchestre de musique de chambre, clavecin, clavicorde, orgue, chant.

Un orchestre réduit conforme à l'orchestration des concertos de l'époque... Un travail sur le son et le jeu des cordes a été très précis ; les sonorités d'ensemble proches de celles d'un orchestre classique.

L'éventail des prises de son est large car les scènes sont parfois tournées en intérieur, mais ausssi dans des espaces plus larges, salles de concerts, église, abbaye... ( d'où l'importance du mixage délicat de chaque morceau).

La palette des clavecins et clavicordes est riche et variée , suivant les situations du film et le jeu des personnages.

Marie-Jeanne Séréro


Marie-Jeanne Séréro Musique originale Entrée au Conservatoire national supérieur de musique de Paris à l’âge de douze ans, Marie-Jeanne y obtient de nombreux prix dans les classes de solfège spécialisé, harmonie, contrepoint, orchestration, direction de chant, et accompag- nement au piano.
Parallèlement à une activité d’enseignement (direction de chant ) initiée en 1989 au CNSMP, elle occupe la fonction de chef de chant au sein de nombreuses productions et festivals, et se consacre à l’écriture orchestrale : arrangements d’albums et orchestrations de bandes originales de films (Caramel, Fanfan la Tulipe), composition de musiques de film (Coca la colombe de Tchétchénie ...), composition de musiques pour des créations contemporaines chorégraphiques (bal- let au Japon)
et lyriques.

En tant que pianiste, elle donne pendant de nombreuses années des concerts en duo avec des personnalités telles que Mstislav Rostropovitch, Christiane Eda-Pierre ou encore Didier Lockwood. Depuis 1993, elle est professeure d’orchestration aux métiers du son et depuis 2007, professeure de Musique à l’Image au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Elle compose désormais essentiellement pour le cinéma et le théâtre (Les trois sœurs mise en scène par Alain Françon à la Comédie française, mai 2010, La Cerisaie théâtre de la Colline, 2009…).